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jeudi 2 juillet 2009

M. Dan Sperber, Lauréat du Prix Claude Lévi-Strauss, dédicace son discours à Obscure Précaire!

Le Comité se félicite vigoureusement du soutien public apporté à Mlle Obscure Précaire par M. Dan Sperber, Lauréat du Prix Claude Lévi-Strauss. N'ayant guère que 100 000 clopinettes à lui offrir, il en félicite surtout très chaudement le Lauréat, qu'il remercie vivement, et qu'il couronne de ses lauriers les plus honorifiques!

Voici la lettre de M. Sperber à Mlle Précaire:

Chère Obscure Précaire,

Vous me demandez, pour votre blog, le texte de mes remerciements en tant que lauréat du prix Claude Lévi-Strauss. Votre demande m'honore et c'est bien volontiers que je vous l'envoie. Le ton, de circonstance, y détonnera, mais sur le fond, j'y exprime en effet à quel point me préoccupe la situation précaire de tant de jeunes chercheurs. Je ne connais pas assez bien vos actions et vos revendications précises - il me reste des recherches à faire ! - pour exprimer plus qu'une sympathie profonde avec votre objectif général, mais cette sympathie est entière.

Il me semble que votre action vous fait déjà sortir de l'obscurité. Je vous souhaite - à vous et à tant d'autres jeunes chercheurs - de sortir très bientôt de la précarité.

Salut!

Dan Sperber

Nous laissons le lecteur avisé libre juge de la teneur de ce discours, prononcé ce 29 juin à l'Académie des Sciences Morales et Politiques:

"C’est un grand honneur, et un grand plaisir aussi, d’être le premier lauréat du Prix Claude Lévi-Strauss. J’exprime ici ma profonde reconnaissance à vous Madame la Ministre qui avez créé ce prix et qui me le remettez en personne, et aux membres du jury international qui m’en ont jugé digne. De tout cœur, merci !

Le travail pour lequel vous m’honorez est, comme tout travail scientifique, une œuvre collective. Il doit beaucoup au laboratoire auquel j’appartiens, l’Institut Jean Nicod de l’Ecole Normale Supérieure et de l’EHESS, et à l’équipe de doctorants et de jeunes chercheurs dont j’ai tant appris en m’efforçant de leur apprendre quelque chose. Près de la moitié de mes écrits est issue de collaborations, avec mes étudiants, avec des collègues, et, avant tout, avec Deirdre Wilson, Professeur de linguistique à l’University College de Londres. Merci à eux tous.

Aux sentiments de reconnaissance que j’éprouve se mêle une émotion plus profonde. Ce prix a été créé en hommage à Claude Lévi-Strauss et il porte son nom. Or je lui dois tant ! Que l’honneur qui m’est fait contribue à l’hommage qui lui est rendu, voilà qui me comble, et qui avive le souvenir de mes rencontres, avec l’œuvre puis avec l’homme

Je me souviens, adolescent, d’avoir été captivé par Tristes Tropiques et par cette façon si distante et si pénétrante à la fois de considérer le monde. Je me souviens de la fascination intellectuelle éprouvée à la lecture d’Anthropologie Structurale, recommandé par un camarade de la Sorbonne (nos professeurs, eux, ne nous incitaient guère à lire Lévi-Strauss).

Mes intérêts, cependant, étaient ailleurs. C’était l’époque de la guerre d’Algérie et de l’émergence du Tiers-Monde. Je voulais mieux comprendre l’histoire que nous vivions. C’est Georges Balandier, anthropologue du monde en devenir, qui m’a, le premier, fait apprécier la richesse de l’anthropologie. Puis à Oxford, où j’ai eu la chance de poursuivre mes études, ce furent Godfrey Lienhardt et Rodney Needham.

Lecteur avide de toutes les nouvelles publications de Lévi-Strauss, je devins, à mon retour à Paris en 1965, un auditeur assidu de son séminaire où tant de jeunes anthropologues soumettaient leurs travaux aux critiques acérées mais bienveillantes du maître. Ce séminaire, nous étions nombreux à l’attendre chaque semaine, à en poursuivre la discussion dans les heures et les jours qui suivaient. En 1968, je publiai un essai critique sur le structuralisme en anthropologie. Lévi-Strauss m’invita alors à en présenter la substance lors de trois séances de son séminaire. Je me souviens de sa patience, de ses impatiences aussi, et de ses encouragements.

Claude Lévi-Strauss a attiré à l’anthropologie plusieurs générations de brillants étudiants, qui, sans lui, se seraient dirigés vers la philosophie, l’histoire ou la sociologie. Ils sont devenus pour la plupart de remarquables chercheurs de terrain. Grâce à eux, l’anthropologie française est aujourd’hui au meilleur niveau mondial. Rares parmi eux sont ceux qui, comme Maurice Godelier, Françoise Héritier ou Philippe Descola, ont consacré une part importante de leur travail à la théorie anthropologique. Il est vrai que l’œuvre théorique de Lévi-Strauss avait de quoi intimider. Pour ma part, témérité ou présomption, c’est de Lévi-Strauss le théoricien que j’ai voulu être l’émule.

Il y a quelque cinquante ans commençait vraiment ce qu’on a pu appeler la « révolution cognitive », c'est-à-dire une démarche consistant à étudier les phénomènes mentaux comme des phénomènes naturels, démarche fondée sur les mêmes théories mathématiques qui ont permis le développement des ordinateurs, démarche extraordinairement enrichie depuis par le progrès des neurosciences. La révolution cognitive permettait de repenser les rapports entre sciences sociales et sciences psychologiques – on parlerait bientôt de « sciences cognitives » – de façon nouvelle et féconde, et de développer, à la jonction de ces disciplines, un programme de recherche naturaliste qui reconnaisse – à la fois – la place du mental dans le social et celle du social dans le mental. J’y ai consacré jusqu’ici l’essentiel de ma vie de chercheur, travaillant comme anthropologue, comme psychologue, comme linguiste ou comme philosophe avec un projet unique, ambitieux et, je l’espère cohérent. C’est à Lévi-Strauss que je dois, pour une bonne part, ce projet et cette ambition. Certes, Lévi-Strauss est d’abord connu comme théoricien du structuralisme, mais c’est son naturalisme – sa volonté toujours réaffirmée de lier l’étude de la culture et de la société à celle de l’esprit humain et à celle de la nature – qui m’a inspiré.

La création du Prix Claude Lévi-Strauss ne répond pas seulement, je crois, au désir de rendre hommage au maître exceptionnel et d’honorer les chercheurs que le jury du prix aura distingués. « Il a pour vocation », avez-vous déclaré, Madame la Ministre, « de reconnaître et de soutenir l'excellence dans le domaine des sciences humaines et sociales ». Cette volonté de reconnaissance et de soutien se manifeste non seulement par la création de ce prix, mais aussi – et de façon bien plus importante – par un ensemble de réformes de la recherche et de l’enseignement supérieur qui nous concernent tous. Ce n’est ni le moment ni le lieu pour évoquer les espérances et les inquiétudes que font naître ces réformes. Je voudrais plutôt, m’appuyant sur la lecture de Lévi-Strauss d’une part, sur mon expérience de l’autre, enrichir mes remerciements de quelques réflexions sur ce que peut être l’excellence en nos domaines, et sur les façons dont on peut la reconnaître et la soutenir.

Dans un texte de 1964 intitulé «Critères scientifiques dans les disciplines sociales et humaines», Lévi-Strauss tançait les pouvoirs publics de l’époque, plus prompts à témoigner de leur bienveillance à l’égard de ces disciplines qu’à leur donner les moyens d’exister. Aux chercheurs, il reprochait d’affirmer le caractère scientifique de leurs disciplines sans bien réfléchir aux exigences qu’une telle affirmation comporte.

Il écrivait : « Il n’y a pas d’un côté les sciences exactes et naturelles, d’un autre côté les sciences sociales et humaines. Il y a deux approches, dont une seule est scientifique par son esprit : celle des sciences exactes et naturelles qui étudient le monde, et dont les sciences humaines cherchent à s’inspirer quand elles étudient l’homme en tant qu’il est du monde. » – Entendez, en tant qu’il est du monde naturel – « L’autre approche qu’illustrent les sciences sociales, » – et Lévi-Strauss désigne par là les disciplines qui abordent les problèmes contemporains et aident à les traiter – «L’autre approche», donc, « met sans doute en œuvre des techniques empruntées aux sciences exactes et naturelles ; mais les rapports qu’elles nouent avec ces dernières sont extrinsèques et non intrinsèques. Vis-à-vis des sciences exactes et naturelles, les sciences sociales sont en position de clientes, alors que les sciences humaines aspirent à devenir des disciples. »

Tout en dénonçant – je cite – « l’unité factice des sciences sociales et humaines », Lévi-Strauss insiste, et c’est important, sur la légitimité des unes et des autres. Or, aujourd’hui, mettre en question le caractère de science d’une discipline, c’est en contester la légitimité. Qu’ils soient ou non des « scientifiques » sur le modèle des sciences naturelles, les praticiens de nos disciplines sont tous des chercheurs et des savants. Ils mettent en œuvre de riches compétences pour aborder des questions particulièrement ardues. Donc, employant « science » dans un sens large, j’affirme le caractère de science de toutes nos disciplines.

Je voudrais en outre aller au-delà de la dichotomie entre sciences sociales et sciences humaines que propose Lévi-Strauss, et adopter un point de vue résolument pluraliste. Nos disciplines sont composées d’un ensemble de programmes de recherche autonomes qui répondent à des interrogations de diverses origines. Bien des recherches, en économie ou en sociologie par exemple, répondent à des demandes émanant d’institutions ou de la société civile et elles visent à guider l’action. D’autres recherches, en histoire ou en littérature par exemple, répondent à un besoin d’intelligibilité, au désir de mieux comprendre nos identités individuelles et collectives. D’autres encore, en droit ou en philosophie par exemple, cherchent à éclairer les fondements et les conséquences des normes qui régissent nos interactions. Les demandes auxquelles ces recherches répondent sont historiquement et géographiquement situées – et c’est de cette situation qu’elles tirent leur pertinence et leur richesse. D’autres programmes sont mus moins par une demande externe que par le mouvement interne de la recherche. L’importance des questions ne s’y mesure pas à leurs conséquences sociales ou culturelles mais à la possibilité d’y répondre d’une façon qui fasse avancer la connaissance. Certes – c’est une banalité –, ces programmes sont eux aussi historiquement situés, mais leur pertinence est d’autant plus grande qu’elle est moins locale.

Pour donner quelques exemples plus concrets, telle recherche en histoire de France s’adresse d’abord à un public français ; telle recherche sur des problèmes sociaux actuels s’adresse d’abord aux acteurs sociaux concernés ; telle recherche d’esthétique vise un lectorat sans doute international mais dont les préoccupations ne sont pas pour autant scientifiques. Si elles sont exemplaires, ces recherches trouveront un écho dans la communauté scientifique internationale, mais telle n’est pas leur finalité première ni le critère selon lequel il convient de les évaluer. D’autres recherches, en revanche, comme par exemple celles que je mène, s’adressent d’abord et avant tout à cette communauté scientifique. Mes collègues de l’Institut Nicod et moi acceptons volontiers l’utilisation d’instruments bibliométriques d’évaluation, communs dans les sciences naturelles, et mesurant le nombre et l’impact des publications dans les revues internationales. Ces mêmes instruments ont une pertinence bien moindre pour évaluer des recherches d’autres types qui ne sont pas moins légitimes que les nôtres.

En dépit de leur diversité ces programmes de recherche autonomes qui ensemble constituent les sciences humaines et sociales ont vocation à collaborer les uns avec les autres, et pour certains d’entre eux – dont ceux qui me tiennent le plus à cœur – à collaborer aussi avec des programmes de recherche dans les sciences naturelles.

Programmes autonomes, frontières disciplinaires floues, critères d’évaluation variables : je conçois le casse-tête que peut représenter une politique de reconnaissance et de soutien de l’excellence dans le domaine des sciences humaines et sociales. Déjà, s’agissant de l’élément symbolique de cette politique qu’est le prix Claude Lévi-Strauss, j’imagine que la tâche du jury n’aura pas été facile. Je ne suis pas, je le sais bien, « le meilleur chercheur en sciences humaines et sociales en activité travaillant en France » dont parlait le communiqué de presse annonçant la création du prix. Non pas que le jury se soit trompé de lauréat – enfin, je l’espère –, mais parce que cette expression, qui évoque la compétition sportive, n’a guère de sens dans les sciences en général et dans nos disciplines en particulier où les façons d’exceller sont si diverses.

Si j’ai pu mener les recherches qui me valent aujourd’hui cette distinction, c’est d’abord grâce au CNRS, où j’ai poursuivi toute ma carrière. Le CNRS m’a donné une liberté sans laquelle je n’aurais pas pu sortir ausi résolument des sentiers battus, passer d’une discipline à l’autre et prendre généralement le risque de me tromper. Cette liberté, l’institution me l’a donnée en ayant à mon égard, comme à celui de la plupart de ses chercheurs, une attitude de négligence bienveillante. A cette bienveillance, cependant, se substituait trop souvent une attitude tatillonne, voire soupçonneuse, devant toute demande de moyens institutionnels ou matériels. Je n’aurais trouvé ni mauvais ni injuste qu’on attendît plus de moi et qu’on me donnât plus de moyens. Cependant, quelle chance cela a été pour tant d’entre nous d’être au CNRS, et combien cela nous a incités à donner le meilleur de nous-mêmes ! A bien des égards, la vie de chercheur s’est dégradée. Je pense en particulier a mes étudiants qui, après huit ou dix années d’études, et des années de post-doc, ne sont pas moins passionnés par la recherche et sont bien plus qualifiés que je ne l’étais quand je suis entré au CNRS. Ils risquent pourtant, s’ils ne veulent pas s’expatrier, de rester pendant des années, comme tant d’autres jeunes chercheurs, dans une dure précarité.

J’ai l’espoir que nos excellents jeunes chercheurs bénéficient, comme j’en ai bénéficié, de conditions d’emploi et de travail qui leur permettent de donner le meilleur d’eux-mêmes. Je voudrais, pour conclure, associer ma profonde reconnaissance pour un prix qui honore un travail largement accompli à cet espoir en l’avenir de la recherche et des chercheurs."

Le Comité considère que ce texte se passe fort bien de glose et se gardera de tout commentaire. Il est vraiment très heureux de le porter à la connaissance du public le plus large, espérant ainsi offrir à chacun, notamment à Mme la Ministre, l'occasion de le relire et de le méditer.

A suivre...

mardi 30 juin 2009

Mlle Obscure Précaire continue d'exercer son ministère, mais lance un ultimatum à Valérie Pécresse!

Madame la Ministre,

Cela fait maintenant des mois que vous refusez d’entendre la contestation de la communauté scientifique et universitaire dont vous êtes pourtant, théoriquement, en charge. Vous nous donnez, dites vous, des preuves d’amour tous les jours – nous vous expliquons pourtant quotidiennement que « pour l’amour vache, nous ne sommes pas des veaux ».

Alors que nous réclamons depuis des années un plan pluriannuel de création de postes dans l’enseignement supérieur et la recherche, vous créez un prix Claude Lévi-Strauss de 100 000 € récompensant « le meilleur » (courrier envoyé à vos personnels) chercheur en sciences humaines et sociales, masquant ainsi fort mal une politique sauvage de coupes budgétaires, mais illustrant fort bien l’idéologie de la concurrence qui l’accompagne, et que nous récusons avec la dernière vigueur.

Quand bien même le « plan Campus » suffirait à refaire ici ou là, dans quelques « pôles d’excellence », les peintures, et à remettre aux normes les systèmes de sécurité incendie de quelques universités, ou à faire qu’il ne pleuve plus dans les amphis (véridique !), ce ne serait certes pas lui qui garantirait la réussite de votre « Plan Licence », tant que ce dernier ne sera pas accompagné des recrutements d’enseignants à la hauteur de l’ambition affichée. Selon vos propres chiffres, 90 086 enseignants exerçaient dans les établissements publics d’enseignement supérieur en 2008. 
Ils se répartissaient en trois catégories : les enseignants-chercheurs et assimilés (57 549), les personnels du second degré affectés dans l’enseignement supérieur (13 742) et les enseignants non permanents (18 795)
 (Source : l’Etat de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, déc. 2008) .

Comment pouvez-vous prétendre sérieusement amener la France vers « une économie de la connaissance » - à supposer que l’on accepte l’expression, si contraire à la vertu démocratique, pourtant cardinale, de la gratuité des savoirs, de l’école « publique, gratuite, laïque et républicaine » - , avec un quart de personnels précarisés, parfois bien plus, sans parler de ceux qui sont employés en toute illégalité ou dans le plus complet bénévolat, et que vous ne pouvez ignorer ?

L’armée de l’ombre de l’Université et de la Recherche française, juridiquement et historiquement Une et Indivisible, sachez-le bien Madame la Ministre, en a assez. Sans elle, comme vous le savez bien, Madame la Ministre, la machine se bloquerait. Il en va de même au CNRS.

La restitution des postes 2010 et 2011 ne suffira pas au rattrapage du retard accumulé en matière de recrutements dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche, et vous le savez, Madame la Ministre. Ce n’est là que minuscule reculade concernant des mesures punitives, très loin des postes réclamés depuis des lustres par une communauté de plus en plus inquiète pour l’avenir du pays. Espérer que nous nous en satisferons est illusoire. Madame la Ministre, nous sommes trop dévoués à notre vocation, à nos étudiants et à nos recherches, pour l’avoir fait jusque là, mais si tous les précaires employés par votre ministère illégalement déposaient simultanément des recours en Justice, il en serait fait de votre carrière… régionale comme nationale.

Si tout allait bien dans le meilleur des mondes, Madame la Ministre, étant donné les salaires ridicules des chercheurs du public par rapport au secteur privé, un tel prix trouverait peut-être sa légitimité. Cela ne voudrait pas encore dire qu’un et un seul génie supposé pourrait avoir une et une seule géniale idée par an, comme si la recherche n’était pas affaire de coopération, de maturation, de réflexion dans la durée, de transmission d’une génération à l’autre, de multiples échanges, d’innombrables lectures, de travail parfois passionnant, souvent fastidieux et minutieux… d’héritage collectif, d’entraide et de conseils, de commentaires et de relectures, et enfin d’acharnement et de patience.

Mais comment osez-vous dans les circonstances actuelles et en menant la politique qui est la vôtre, prétendre revaloriser par ce prix l’ensemble des sciences humaines et sociales en France, qui sont si durement frappées, parfois très réellement menacées dans leur pérennité, par les réformes que vous menez ?

Quel que fût le talent du lauréat, annuellement, ses mérites, son œuvre et ses projets, n’est-ce pas faire porter beaucoup d’espoirs et une bien lourde charge sur ses seules épaules avec, « somme toute » en regard des enjeux pour la France, des moyens ridicules ?

Combien de fois nous faudra-t-il vous expliquer que le savoir n’est pas une marchandise et que l’université n’est pas une entreprise ?

Combien de jours, de semaines, de mois, de semestres, d’années, allons-nous perdre à vous répéter que la concurrence nuit gravement à la pensée ?

Combien de temps encore nous faudra-t-il vous répéter que lorsque l’on trouve, c’est qu’on ne savait pas ce que l’on cherchait, car si l’on trouve ce que l’on cherchait, c’est qu’on ne trouve rien ?

Madame la Ministre, nous le savons, nulle vertu pédagogique ne saurait faire boire un âne qui n’a pas soif. Entendrez-vous pourtant enfin que les règles d’évaluation de notre travail sont particulières, parce que notre travail est particulier ? Que nous avons besoins, non d’ « autonomie » dans la version autoritaire que vous nous proposez, mais de moyens et de la liberté d’en disposer ? Entendrez-vous enfin que la liberté de chercher suppose la liberté de penser ?

Madame la Ministre, réveillez-vous ! Pourquoi ne pas profiter, demain mardi 30 juin, de la remise des Prix Irène Joliot-Curie, pour annoncer le rattrapage des postes nécessaires à une réelle politique scientifique dans notre pays ? Pour proposer une révision de la LRU, dont les universités qui l’expérimentent sont les premières à se plaindre ?

Soyez assurée, Madame la Ministre, que nous continuerons, longtemps après vous, d’exercer notre ministère de libres chercheurs, qui est un véritable sacerdoce, avec ou sans le soutien du vôtre. Vous seriez cependant bien avisée de prendre en compte nos revendications tant que vous occupez les fonctions qui sont les vôtres aujourd’hui, pour l’avenir commun de notre pays. Il en va de votre « Responsabilité ».

Comptant sur vous,

Le Comité de soutien de Mlle Obscure Précaire.

lundi 29 juin 2009

Même à l’agonie, Obscure Précaire fait trembler les puissants !

Alexandrie-Alexandra ! Même à l’agonie, Mlle Obscure Précaire fait trembler les puissants !

Une membre de son Comité de soutien a en effet reçu ce courrier inexpliqué et inexplicable de la part de l’Institut de France :

« Le 29 juin 09 à 10:59, CLS a écrit :

Chère Madame,

Mis au courant de votre intention de troubler la remise du Prix Claude Lévi-Strauss remis à Monsieur Dan Sperber, je vous informe que votre présence n'est pas souhaitée à l'Institut de France ce jour.

Bien à vous

Pierre Kerbrat, Secrétaire général »

Voici la réponse perplexe et navrée qui lui a été envoyée :

« Cher Monsieur,

Je suis très heureuse d'apprendre de votre main que ma présence à l'Institut de France est désirée 364 jours par an. Qu'en est-il des années bissextiles?

Vous me voyez cependant chagrinée de devoir vous décevoir: quant aux intentions que vous me prêtez, c'est bien de l'honneur que vous me faites, mais je ne vois absolument pas de quoi vous voulez parler, et quand bien même le verrais-je, il faudrait encore que nous nous entendions sur le sens des mots "trouble", "ordre", sur ce que serait un monde à l'endroit et ce qu'est un monde à l'envers.

Je serais heureuse d'en discuter avec vous, mais vous me voyez, hélas, retenue auprès d'une amie très chère de M. Sperber et de moi-même: à son chevet, je lui relis intégralement "Le cru et le cuit", dans l'espoir de redonner à la pauvrette quelque souffle de vie...

Le pire est en effet à craindre, cher Monsieur, y compris une issue fatale, auquel cas il n'est pas exclu que son spectre revienne longtemps encore hanter les consciences de Madame Valérie Pécresse, notre très honorable Ministre, et de quelques autres. J'espère vivement, cher Monsieur, que la vôtre serait épargnée. Son esprit si brillant serait en effet inéluctablement appelé à rôder dans les couloirs de l'Institut, c'est évident. Les membres de l’Académie des Sciences Morales et Politiques sont en effet, et ils nous le prouvent aujourd'hui, toujours " des rêveurs, des phraseurs, des métaphysiciens, bons à jeter à l'eau ", tels que les fustigeait le Premier Consul Napoléon Bonaparte, en supprimant leur Classe par l'arrêté du 3 pluviôse an XI (23 janvier 1803).

Bien à vous, bons baisers de l' Hôtel-Dieu,

Une membre du Comité de soutien de Mlle Obscure Précaire injustement soupçonnée de subversion ».

L’AFP nous informe par ailleurs qu’un imposant dispositif policier a été mis en place devant l’Institut, Quai de Conti, laissant à penser que Mme Valérie Pécresse pourrait craindre une importante mobilisation de l’armée de l’ombre des précaires de l’enseignement supérieur et de la recherche et du Comité de soutien d’Obscure.

Nous ne pouvons que nous féliciter de la notoriété désormais incontournable de notre candidate, et de cet aveu d’impuissance de Madame la Ministre. Il est regrettable toutefois que cette gloire n’arrive que lorsque la pauvre enfant est sur le point de rendre son dernier soupir…

jeudi 25 juin 2009

Mlle Obscure Précaire est au plus mal

Selon certaines sources bien informées, Mlle Obscure Précaire est au plus mal ! Elle aurait été prise cette nuit d’une forte fièvre et de violentes crises de toux. Ne souhaitant pas dilapider futilement l’argent de la Sécurité Sociale, et déjà très amaigrie par les années de disette et de restrictions auxquelles l’ont conduite sa précarité, elle serait malgré tout parvenue à atteindre en rampant le parvis de l’Hôtel-Dieu, où une infirmière de nuit en stage l’aurait pieusement recueillie. Il est encore trop tôt pour poser un diagnostic fiable sur le terrible mal qui frappe la pauvre enfant (grippe porcine, tuberculose multi-résistante, désespoir existentiel, ou même pire ?) ; nous savons toutefois qu’elle s’est déjà remise au télétravail, prouvant une fois de plus par son courage et son abnégation combien sont grands son dévouement à sa mission de service public et sa passion pour la recherche.

Ne pouvant malheureusement pas se rendre à la remise du Prix Claude Lévi-Strauss, pour lequel elle a tant trimé, elle nous demande d’y aller en nombre afin de lui manifester notre soutien.

Si vous l’avez admirée

Si vous l’avez aimée

Si vous l’avez soutenue

Si vous avez voté pour elle

Si vous trouvez ses mérites injustement méconnus…

Venez soutenir son comité de soutien à la remise du Prix Claude Lévi-Strauss
à l’Académie des Sciences Morales et Politiques,

le lundi 29 juin 2009, à 17h30

Palais de l'Institut de France - Grande salle des séances

23 quai de Conti - 75006 PARIS.

A 15h, Mme Valérie Pécresse y donnera une conférence publique sur le thème

« Université, science et recherche dans la France d’aujourd’hui :
la loi du 10 août 2007 et l’autonomie des universités »

Inscription obligatoire par courriel à : cls@asmp.fr

Réponse impérative avant le 27 juin à l’adresse officielle.

Téléchargez l’invitation ci-jointe.

Pour soutenir Mlle Obscure Précaire, imprimez les affiches préparées par son comité de soutien et amenez-les avec vous afin de les dérouler à la fin de la cérémonie.

Affiche 1 ; Affiche 2 ; Affiche 3

Afin de nous reconnaître, apportez vos lunettes de soleil ! Asseyez-vous au(x) dernier(s) rang(s).

Venez nombreux. Elle compte sur nous… Nous comptons sur vous !

mercredi 24 juin 2009

Mlle Obscure Précaire devance les Victoires de la modernisation de l'Etat et lance le CNRS 2.0. !

Comme vous le savez peut-être, Mme Valérie Pécresse, soucieuse de revaloriser la recherche en général et les sciences humaines et sociales en particulier, comme nous le prouvent quotidiennement les preuves d’amour qu’elle donne à notre communauté depuis son arrivée au gouvernement, a créé le Prix Claude Lévi-Strauss, doté de 100 000 euros, pour récompenser « le meilleur » chercheur de l’année. 

Notre candidate, Mlle Obscure Précaire, pourtant soutenue par des foules innombrables, et de grands noms de la recherche, n’a pas été retenue pour cette année. De plus, sans doute gênée par cette candidature incontournable, qu’il fallait donc contourner à tout… prix, ainsi que par la renommée du contre-prix Clo-Clo de 100 000 clopinettes, dont la remise prévue le 29 juin faisait incontestablement de l’ombre au Prix Claude Lévi-Strauss, Mme Valérie Pécresse et son conseiller en communication ont jugé préférable de lâchement devancer la date officielle pour annoncer le nom de l’heureux vainqueur… Le procédé ne fait certes pas honneur au courage de notre Bien-Aimée Ministre, mais nous le considérons pour ce qu’il est : un hommage indirect à notre challengeuse, et le signe d’une grande reconnaissance de la dangereuse renommée du Prix Clo-clo.

 Il ne reste plus à Mlle Obscure Précaire que ses yeux pour pleurer.

Mais ce n’est pas le genre d’Obscure, qui, avec une bonne vingtaine d’années de précarité à son actif, ne s’avoue jamais vaincue.

D’ailleurs, les enchères montent. Etat français, réveille-toi ! Obscure croule sous les propositions ! On ne peut que regretter la couardise du jury du Prix Claude Lévi-Strauss qui fait courir à notre beau pays le risque de perdre l’un de ses meilleurs et plus prometteurs cerveaux : très sollicitée, Obscure se voit offrir :

-       par « Mr Salif Kone, employé à la Bank Of Africa du Burkina Faso (BOA BF), officier du département de crédit et de rémittence internationale, 40 % de la somme de 11.500 000 dollars US, pour qu’O.P. se présente comme l’héritière de feu un client de cette honorable banque » ;

-       par « M. Aristide soude, 40% de dix millions d’euros pour faire transiter cette somme par son compte » ;

-       par « le prince AL WALEED membre de la famille royale saoudienne , propriétaire de plusieurs entreprises et sociétés de productions dans divers domaines un peu partout dans le monde, Europe, Asie et Afrique, un prêt à 2% » ;

-       par « le Royaume-Uni en collaboration avec la compagnie d’exploitation des mines d’or (siège : Ouagadougou), une récompense internationale et une somme forfaitaire de 850 000 euros » ;

-       par « M. Samuel KAYZER, U.S. Department of State Public communication Division, une green card pour émigrer aux Etats-Unis » ;

-       par « M. Andre Dikpu, un citoyen Béninois et ex-Assistant Administratif et Financier au sein d'une société appartenant à un libanais à Cotonou République du Bénin, mort dans le crash  d avion Boeing 727-200 le 25 décembre 2003 le long de l'océan atlantique à Cotonou République du Bénin, un pourcentage sur le legs de son patron » ;

-       par « la Cie Coca-Cola, 100 000 euros de gains à la loterie » ;

-       … et tant d’autres offres alléchantes encore…

Mais Mlle Obscure Précaire ne mange pas de ce pain-là ! Puisque sa Patrie ne daigne pas encore rémunérer son cerveau à sa juste valeur (quoique d’appétit modeste, il lui faut pour un fonctionnement moyen quelques glucides journaliers,  aujourd’hui chichement apportés par de l’huile de foie de morue ramenée par son arrière-grand-père terre-neuvien, mais dont les réserves s’épuisent), elle crée le CNRS 2.0., afin de pallier aux carences du premier CNRS, ce repère archaïque d’une scandaleuse liberté de chercher, qui sera officiellement aboli le 25 courant dans la riante confédération helvétique! Totalement dématérialisé, entièrement participatif, il ne coûtera pas un centime au Contribuable!

 

vendredi 22 mai 2009

Charles de Gaulle, avec nous ! Sauvons le facteur g du gouvernement!

On entend ici ou là et à vrai dire un peu partout, que nous ne serions qu’une petite minorité dangereusement irresponsable de terrrrrrrrribles zextraîaîaîmes-gôchistes aussi subversifs que fanatiques. On nous dit que nous nous radicalisons, à quoi nous répondons que nous ne faisons que demander la même chose depuis des mois, voire des années pour certaines de nos revendications, tandis que le gouvernement emploie des méthodes de plus en plus radicales de passage en force à n’importe quel prix.

Se radicalisant dangereusement, donc, férue d’histoire mais comme toujours en avance sur son temps, Obscure Précaire a préparé un petit quizz visant à évaluer le facteur g (facteur gaullisme) de l’UMP.

 

Qui a dit : "Car, en notre temps, la seule querelle qui vaille est celle de l'homme. C'est l'homme qu'il s'agit de sauver, de faire vivre et de développer." [1]?

a .     a. Claude Lévi-Strauss

b .     b. Charles de Gaulle

c .     c. Jean-Paul Sartre

Qui a dit : "Au sommet, enfin, l'Etat ! L'Etat qui a le devoir d'entretenir dans la nation un climat favorable à la Recherche et à l'Enseignement..."[2] ?

a .     a.Vladimir Maïakovsky

b .     b. Frantz Fanon

c .     c.  Charles de Gaulle

Qui a dit : « A la base de notre civilisation, il y a la liberté de chacun dans sa pensée, ses croyances, ses opinions, son travail, ses loisirs. » ?

a.    Alain Krivine

b.    Emile Zola

c.    Charles de Gaulle

Qui a dit : « Tout homme qui écrit, et qui écrit bien, sert la France »[3] ?

a.    Jules Ferry

b.    Barack Obama

c.    Charles de Gaulle

Qui a dit : « La politique la plus coûteuse, la plus ruineuse, c’est d’être petit. »[4] ?

a.    Victor Hugo

b.    Charles de Gaulle

c.    José Luis Rodriguez Zapatero

 

Qui rappelle : « Les années 1960 : un âge d'or.
 Cet essor se poursuit lors de la décennie suivante. Il s'accélère, même. L'arrivée au pouvoir du général de Gaulle marque en effet une rupture. La recherche scientifique devient une priorité nationale. Sous l'impulsion du fondateur de la Ve République, ses budgets sont doublés, de grands chantiers entrepris. » ?

a .     a. le site officiel du CNRS

b .    b. le site officiel de SLR

c .    c. le site officiel de Solidaires

Sauvons le facteur g du gouvernement ! Votons Précaire !

PS: Le saviez-vous ? En 1901, CRS était l’acronyme de… « Caisse des Recherches Scientifiques » !



[1] Conférence de presse tenue au palais de l'Elysée le 25 mars 1959, in Discours et Messages, t. 3, p. 86.

[2] Discours prononcé à la Cité universitaire de Toulouse le 14 février 1959, in Discours et Messages, t. 3, p.81.

[3] Propos recueillis par André Malraux in Les chênes qu’on abat, 1971.

[4] Allocution prononcée au Champ-d’Arbaud à Basse-Terre, 20 mars 1964.

mardi 19 mai 2009

Obscure Précaire, ses capitaux.

Mlle Précaire est sincèrement navrée d’entendre de la bouche de Luc Cédelle que celui-ci reçut « à l’estomac » son « capital de souffrance », qui n’avait pas été « identifié » (débat sur SLRU-EHESS ou lien : http://www.sfp.asso.fr/medias/lcedelle140509.mp3).

Dont acte : s’il est certes une chose qui fait souffrir, c’est le déni...

Obscure a beaucoup réfléchi à la peine plancher la mieux adaptée pour rééduquer d’urgence ce dangereux récidiviste : seulement voilà, la licence d’histoire de la prison de Fresnes est menacée de suppression, faute de crédits.

Ne se résignant pas à l’adage selon lequel « on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif »,  devise du professeur démissionnaire, Obscure se tient à la disposition de M. Cédelle pour lui dispenser… au… dessus de l’estomac, des cours particuliers sur son immense « capital d’analyse » des réformes en cours, motif de sa juste colère ; et, au second semestre si l’élève se montre appliqué, un cours de rattrapage sur son énorme « capital de désir » d’une autre réforme, sur son «  capital de capacité de proposition collective», sur son « capital d’énergie » à tenir bon dans les conditions épuisantes qui lui sont faites par un gouvernement autiste, sur son « capital d’envie » de continuer à former des étudiants, sur son « capital de curiosité » pour chercher toujours…  tous « capitaux » qu’elle partage sans parcimonie avec ses collègues titulaires ou précaires. Vaste et ambitieux programme, mais fort heureusement la leçon sur l’état de son « capital financier » ne devrait guère occuper plus d’un dixième de séance.

Si toutefois M. Cédelle n’était pas intéressé par sa proposition, elle suggèrerait alors volontiers à un collègue titulaire charitable et mieux pourvu d’entregent de lui obtenir un passe-droit pour un séjour dans la maison de repos MGEN pour esprits chagrins et malheureux enseignants en dépression nerveuse, où il pourrait à loisir panser ses blessures à l’estomac en relisant Julien Gracq ou en se faisant relire par la Princesse de Clèves, jusqu’à la fin de notre mouvement de « grogne ».

vendredi 15 mai 2009

René Char nous écrit :

Après le pauvre Jaurès, après le malheureux Guy Môquet, après Abdelmalek Sayad, et tant d’autres avec eux… voici René Char récupéré par le gouvernement, cette fois en la personne de Mme Albanel…

Mais René Char nous écrit : 

« Notre héritage n’est précédé d’aucun testament. 

Il existe une sorte d’homme toujours en avance sur ses excréments.


Tôt soustrait au flux des lésions inventives

(La pioche de l’aigle lance haut le sang évasé)

Sur un destin présent j’ai mené mes franchises

Vers l’azur multivalve, la granitique dissidence.

 

La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil.

 

L’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant.

Ne t’attarde pas à l’ornière des résultats.

La parole soulève plus de terre que le fossoyeur ne le peut.

 

Nous sommes écartelés entre l’avidité de connaître et le désespoir d’avoir connu.

L’aiguillon ne renonce pas à sa cuisson et nous à notre espoir.

 

Tu es pressé d’écrire, (…)

S’il en est ainsi fais cortège à tes sources.

Hâte-toi.

Hâte-toi de transmettre

Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance.

 

On ne se bat bien que pour les causes qu’on modèle soi-même et avec lesquelles on se brûle en s’identifiant.

 

Tiens vis-à-vis des autres ce que tu t’es promis à toi seul. Là est ton contrat.

 

Le dé bleu du combat, le guetteur qui sourit

Quand sa lyre profère : « ce que je veux sera ». »

 

La prophétie de Char se réalisera, seul le gouvernement l’ignore, et ce que nous voulons sera : cette autre « autre université » que celle qu’on nous impose. Résistance.

Une membre du Comité de soutien de Mlle Obscure Précaire, 15 mai 2009. (Extraits de Feuillets d’Hypnos (1946), Le marteau sans maître (1934), Le visage nuptial (1944), …). Le Comité soutient la Ronde intempestive autour du Louvre pour la nuit des musées.